Munz floor : ma mauvaise expérience et les précautions à connaître pour toutes médecines complémentaires

Je suis convaincue de l’importance de la bonne santé de nos fascias.

Défini comme une membrane fibreuse recouvrant des muscles ou une région du corps selon le Larousse, le fascia est indispensable.

Si vous ne savez rien de lui, c’est un peu normal car pendant des années la médecine l’a ignoré.

Pour la bonne santé des fascias, il faut privilégier des mouvements lents, fluides et une bonne hydratation.

C’est ce que promet le Munz floor, une méthode qui se pratique au sol, créée par un danseur.

Je pratiquais déjà des mouvements bons pour les fascias comme les torsions proposées par la coach Céline Roy, et j’ai toujours trouvé cela agréable, pratiquées sur mon lit.

MON expérience négative du Munz floor

J’ai réservé une séance d’une heure en visio avec une prof de Munz Floor, je pensais plus prudent en étant débutante d’être supervisée.

Elle ne m’a pas demandé si j’avais des pathologies et j’étais confiante. J’ai une dysautonomie avec STOP, neuropathie et encéphalomyélite myalgique (EM). Donc oui, je reconnais ma petite part de responsabilité de ne pas avoir prévenu, cependant la prof aurait dû me demander, elle me dira par la suite ne déconseiller le Munz floor que pour les femmes enceintes.

Sur un autre site, je lisais que c’était déconseillé après certains actes chirurgicaux ou autres pathologies.

En début de séance, je m’apprête à me mettre sur mon tapis de gym, mais la prof me dit que je n’en ai pas besoin : que je peux pratiquer sur mon carrelage (une simple couverture fine dessus).

La séance dure une heure sans pauses et les micros éteints, on écoute la prof parler. On se contorsionne d’un côté lentement puis de l’autre, donc cela fait vraiment travailler les muscles. Une pause de liquéfaction dans le sol que je trouve intéressante, mais globalement, le rythme est pour moi trop militaire, pas dans un esprit de détente (pas de musique, ni de respirations, temps de pauses très courts).

J’ai très froid et je sens mes vertèbres contre le sol, mais comme on est en groupe et que les micros sont coupés, je ne dis rien. La prof ajoute un mouvement en fin de séance, qui n’est pas pour débutant, mais elle dit que je ne leur en voudrais pas. Je pratique attentivement, elle me reprend deux fois, ce que je trouve bon signe : cela signifie que j’ai bien exécuté les gestes.

Attention aux dérives de certaines médecines alternatives !

Fin de séance, je ne suis pas détendue, j’ai eu l’impression d’un cours de gym trop intense pour moi. Comme elle me demande comment je vais, je lui dis que je me sens mal, sûrement du fait que j’ai une scoliose et une maladie chronique pour ne pas la culpabiliser. Elle me parle de douleurs de guérison et que parfois, il faut encore insister quelques séances pour « guérir »…

1ier red flag.

Je passe une nuit infernale avec des pics de fièvre, des douleurs de brûlure sur la zone de ma scoliose irradiant tout le dos et la tête. Cette inflammation active dans la foulée une tachycardie forte et des douleurs neuropathiques. Je passe 2 semaines avec mal de tête. Ma maladie chronique a été suractivée (cela va faire un mois, je suis toujours mal). Je dois annuler un rdv médical, incapable de conduire.

Une amie kiné et mon médecin généraliste me disent que pratiquer du Munz floor sur du carrelage est un non-sens même pour une personne en bonne santé. Ils trouvent la prof particulièrement inconsciente.

Je partage les avis des professionnels de santé à la prof de Munz floor. Mon objectif est que cela n’arrive pas à d’autres pratiquants, j’emploie un langage non culpabilisant, j’explique la maladie que j’ai.

Pas d’excuses, ni de reconnaissance de ses torts, pas de vraie empathie. Elle joue la carte de l’insistance sur le bien-fondé de sa méthode, en me citant divers exemples de malades améliorés voire guéris par la pratique. Sauf qu’aucun n’a mes pathologies.

2ieme red flag. Je ne m’en rends pas compte, je persiste.

Elle me propose de gérer ma maladie de façon « systémique » en me proposant de répondre à un questionnaire réalisé par un coach qui n’a aucune formation en psychologie. Je l’ai pourtant informé avoir déjà suivi plusieurs thérapies fiables avec des psys et que le problème chez moi ne se situe pas au niveau psychologique, avec l’appui de 3 professionnels sur le sujet. Elle n’y porte aucune importance, comme tout ce que je lui dis concernant la médecine conventionnelle.

Ayant une licence en sociologie, donc formée à la réalisation de questionnaires, je vois des biais dans les questions. Sans surprise, le résultat du questionnaire est inapproprié puisqu’il dit tout, puis son contraire et le ton est inquiétant pour motiver par la peur à l’urgence de payer le programme (manipulation par la peur détectée).

3ieme red flag.

Je l’en informe et j’ajoute que je préfère les contenus sérieux comme les questionnaires de psycologie.com, réalisés par des psys, avec une vraie cohérence de résultat, ou le test de l’Ennéagramme.
Elle ne répondra plus suite à cela. Notons qu’elle est passée de la théorie de « douleurs de guérison » à « douleurs de somatisation » même face à des arguments de médecins qui ont plus de connaissances qu’elle.

C’est rare que je tombe sur des personnes comme cela mais pas la première ! Une ostéo m’avait fait une séance qui m’avait rendu encore plus mal, elle s’était platement excusée et m’avait remboursé, cela avait l’occasion d’échanger pour mieux comprendre les mécanismes.

Bref, pour dire que j’ai été ouverte jusqu’au bout pour aller dans le sens de cette prof. Je n’ai à ce jour reçu aucune excuse (encore moins de remboursement), au lieu de cela, elle a tenté de psychologiser ma douleur et de me vendre un programme bancal ésotérique, (potentiellement dangereux dans les mains de certains malades).

C’est typiquement les dérives qu’on peut voir dans les médecines alternatives, ce n’est pas le propre du Munz Floor. Je trouve que c’est vraiment insultant pour les gens malades de les culpabiliser en cas d’échec, avec une façade de bienveillance. Donc je vous préviens pour ne pas tomber dedans.

Je n’aurais pas écrit cet article si la prof s’était excusée et si elle avait compris les choses. Me taper des heures d’écriture pour cela me fatigue énormément, je le fais uniquement par prévention pour mes concitoyens malades.

Moralité : si vous êtes débutants ou si vous avez des soucis de santé, prenez les précautions que je n’ai pas prises : demandez à votre médecin avant.
La méthode est bénéfique pour certaines personnes, mais commencez par quelques minutes, sur sol tendre à votre rythme.

J’en profite pour faire des recommandations pour éviter les mauvaises surprises avec les médecines complémentaires :

Les praticiens doivent prendre des précautions suffisantes pour les débutants ou malades, ils ne doivent pas faire de promesses miracles, citer des sources fiables et non tomber dans des biais de généralisation (« sur moi cela a marché donc vous aussi »), pas de culpabilisation si la méthode ne marche pas, mais un intérêt à comprendre comment s’améliorer pour mieux aiguiller les patients par la suite.

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